Le dessin par croissance de lignes et de formes par Pauline Lisowski

Iris Gallarotti : le dessin par croissance de lignes et de formes

Ses dessins convoquent la mémoire et l’apparition des souvenirs qui remontent à la surface. Ils font surgir de multiples images qui invitent au rêve et à la possibilité d’une union entre différents êtres vivants. Les liens, par ces lignes et formes organiques renvoient au développement, à la croissance, de l’infiniment petit à l’infiniment grand.

«Je dessine des paysages organiques dans lesquels se tissent des formes végétales, animales, humaines, afin de retranscrire la cohésion et la complexité du vivant. » affirme l’artiste. Sa technique de dessin s’apparente à celles du collage et du tissage, du « dessin dans le dessin ». Lignes et formes se tissent, se rencontrent, se tendent pour constituer un organisme hybride.

Ceux de la série Purple Veins, au crayon de couleur, présentent des nœuds et des lignes qui se concentrent et se déploient. Des connexions se créent, se défont et une impression de flux se révèle. Ces dessins incarnent un corps qui appelle au déplacement et au mouvement, écho à celui de l’artiste face à sa grande feuille de papier. Ils suggèrent des réseaux, des lianes et des racines, une cartographie mentale, un processus de réminiscence des souvenirs. 

Dans sa série des Surpiques, d’une image d’un corps naît une forme à partir de laquelle elle dessine des lignes et des figures nouvelles. La lumière et la couleur dévoilent d’autres éléments organiques et un être chimérique apparaît alors. L’image dessinée sort alors du cadre pour se déployer et s’étendre au-delà, comme pour recoudre ensemble deux mondes. Les formes et les lignes, ici, tendues, se réconcilient pour recomposer une figure. 

Par son travail Iris Gallarotti révèle le processus de morphogenèse. Les organismes, les tissus, les organes donnent naissance à d’autres, à l’infini.

Pauline Lisowski
Avril 2019