Se souvenir des nébuleuses par Hannibal Volkoff

Les dessins d’Iris Gallarotti débutent toujours par le centre du papier. On pourrait l’appeler l’embryon, dont l’organisme se développe à travers sa main. La construction de ce corps s’opère de différentes façons, parfois par de grandes lignes envahissant le papier avant d’être empli d’organes, parfois détail par détail, pore par pore, dans l’attente indécise du rendu final.

Ces lignes, ces détails, sont un amoncellement de points. Iris Gallarotti s’est inspirée de la pratique du dessin botanique selon lequel les motifs se forment avec des points, comme des pas, comme des cellules s’ajoutant les unes aux autres. Elle parle régulièrement de morphogenèse, de la création d’une espèce vivante, mais elle ne veut pas définir cette espèce qui peut autant évoquer la plante que les entrailles d’un corps, la surface d’un animal improbable ou les parois d’une cité impossible.

Ce qui lui importe est le processus d’agglomération par lequel les réseaux se déploient, le dédale labyrinthique de filaments qui ne cessent de conquérir l’espace, de s’hybrider, de danser son lacis tracé instinctivement. Iris Gallarotti se laisse surprendre par le cheminement du dessin. Parfois les lignes ne sont pas pointées de manière assidue, on sent qu’une nouvelle tige, une nouvelle profondeur, pourraient débuter à tout moment. Cette multiplicité des possibles est pourtant maîtrisée avec précision afin de faire respirer l’ensemble de la structure dans son potentiel onirique de perpétuelle transformation.

Hannibal Volkoff, Galerie Hors-Champs, mai 2019. 

https://www.galerie-hors-champs.com